my poems in french

my poems in french

 translate   by IOANA TRICA

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  1. VICTORIŢA DUŢU

    LES MOTS

    POÉSIES

    VERSION FRANÇAISE – IOANA TRICĂ

    « Dieu,
    la larme de la mort qui pleut
    partout
    me fait trembler. »

    ***

    je ne sais pas pourquoi
    aujourd’hui je me compare à
    un arbre violet
    plein de fleurs vertes bleues
    et il semble que le vent
    murmurait
    par chaque feuille
    la parole dont le sens
    je ne pouvais pas
    exprimer.

    ***

    silence
    trop de silence
    le bruit le transperce
    fortement
    mais il ne peut
    s’emparer de lui
    dans une étreinte
    inexplicable.

    ***

    j’ai peur de bruit
    et de silence
    qui ne se laisse pas entouré
    de bruit.
    ce vacarme
    si violent
    qu’il prenne
    toute ma force
    de regarder
    au-delà de ce que
    je pense
    que je pourrais
    connaître.

    ***

    toucher
    le silence comme une
    présence
    de l’autre côté
    de mon geste
    de renfermer
    la gerbe des mots
    anéantis par le bruit.

    ***

    quelqu’un me regarde
    de loin
    je ne peux pas le voir
    mais l’imagination
    s’intensifie tellement
    de sorte que le regard
    banni par
    la peur d’une pensée
    inexprimée
    attend qu’il soit découvert
    par celui qui se trouve
    au-delà de moi.

    ***

    je crains
    la quiétude
    tuée par le bruit
    qui se transforme
    dans mon intérieur
    dans l’accalmie
    d’une malédiction.

    ***

    quelqu’un
    se multiplierait
    d’un seul homme
    en plusieurs
    et soudain
    la main dressée
    vers l’horizon
    il ferait des signes
    invisibles
    vers l’est.

    ***

    j’amplifie tout
    à une autre échelle
    jusqu’à ce que je m’affaisse
    dans mon esprit.
    je sais qu’il ne faut pas
    anéantir ma fantaisie
    mais elle uniquement est présente
    dans la réalité que je vis
    sans pouvoir
    l’atteindre
    de ma main.

    ***

    est-ce que c’est mal
    de regarder
    de toucher
    la pensée de l’autre
    qui s’enfuit
    qui se cache
    épouvantée
    de la paume d’une autre pensée
    qui n’a pas encore frappé ?

    ***

    ses yeux brillent
    des étincelles devenues
    seulement l’apparence
    d’un sourire.
    mais la douleur
    jaillie de l’ombre du mur
    qui l’entoure
    tremble de peur.

    ***

    une onde de choc
    renverse l’ordre de tout
    de sorte que
    au lieu de regarder en face
    je regarde en arrière
    je marche ainsi
    sur une route
    s’élargissant à
    l’infini.

    ***

    tumulte, silence
    accalmie, c’est tout.
    le rien recouvre
    comme un vêtement
    le vide d’avant
    une chute.
    après cela
    il n’y a que le vide
    dans le rien
    de celui écrasé.

    ***

    la pensée surgit
    contenue dans l’ombre
    placée
    entre le soleil levant
    et la nuit qui
    tend se lever
    et se coucher
    à l’infini.

    ***

    ce creux
    ne contient que
    la trace de l’objet
    qui n’est plus.
    l’objet ayant perdu sa forme
    s’écrase lui-même
    entre deux creux
    entrecroisés
    dans mon oeil
    qui se veut jaillir
    en espace.

    ***

    cette chose
    s’est renfermée
    en elle-même
    et se regarde
    elle seule
    car la forme de son rien
    a perdu la qualité
    de la vie.

    ***

    il se mirait
    dans la glace
    dans cet étincellement
    sans avoir peur.
    il n’avait pas peur
    parce que cet objet
    est devenu une pensée
    dépourvue d’ombre.

    ***

    cette chose
    qui a échappé
    de son propre vide
    est devenue le joyau
    d’une autre couronne
    un diamant
    qui ne peut plus être foulé
    dans les boues des chemins.

    ***

    la fatigue ferme une
    fenêtre
    ferme deux fenêtres
    de nombreuses fenêtres
    ensuite les fenêtres
    me renferment
    dans la fatigue
    de la pensée.

    ***

    je vais jusqu’au loin
    l’inquiétude
    recouvre mes yeux
    mes paupières.
    je regarde par
    la fenêtre devenue
    un monde mince
    infini
    je regarde et je me
    faufile
    par ce monde
    dans lequel
    je suis devenue
    un point.

    ***

    le monde flotte
    je suis le point
    de la ligne
    et vais à travers
    une fenêtre
    tellement large
    que la terre
    peut la traverser
    comme une sphère
    inoffensive

    ***

    ma ligne est un chemin
    que je ne peux pas dessiner,
    je ne peux pas décrire,
    mais je sais que la peur
    et la fatigue
    s’embrassent
    se donnant la main
    par cette fenêtre
    par laquelle mon nom
    se répand
    sans entrave.

    ***

    ici le mot peut être
    seulement un nom
    qui flotte sous forme
    d’un son lancé dans l’infini
    de l’intérieur.

    ***

    en-delà de son nom,
    la pensée se fatigue
    à regarder
    dans l’infini du dehors.
    les lignes courbées
    deviennent ainsi
    des univers
    pareils à quelques
    feuilles de papiers
    rangées dans un livre
    sur une étagère.

    ***

    je prends le livre
    et sans l’ouvrir
    je le transforme dans
    une pensée
    flottante sur une ligne
    parallèle au monde
    dans lequel je ne suis
    qu’un nom
    qui dort.

    ***

    je connais le monde,
    et l’observe
    à distance.
    je ne sais pas comment
    avancer
    je ne sais pas
    comment aller.
    j’ai peur
    de mon pas
    qui pourrait détruire
    la beauté
    qu’il ne peut pas comprendre

    ***

    cette beauté
    ne se révèle pas toujours.
    je ne sais pas où
    aller
    parce que
    appartenant au monde
    elle veut que je la connaisse
    mais est-ce que je pourrais
    saisir l’infini
    lorsque je reste seule
    devant la beauté
    qui ne se laisse pas dévoilée ?

    ***

    il y a un chemin
    s’élargissant
    sans fin.
    je marche
    les regards fixés
    sur ceux trouvés près de moi
    et de cette façon
    j’ai peur.

    ***

    j’entends seulement
    des voix qui m’affolent
    il y en a les unes qui
    me séduisent
    et disent des mots inintelligibles
    que je ne comprends pas.
    mais je vais sur ce chemin
    comme une somnambule
    sans me soucier
    de tout ce que je vois,
    de tout ce qui
    se passe avec moi.

    ***

    il n’y a que le hasard ici,
    n’ayez pas peur
    mes pensées
    se trouvent là,
    regardez-les,
    je les aies cueillies
    comme les poires mûres
    bien qu’à l’intérieur
    elles sont
    amères et vertes.

    ***

    oui, je fais des signes
    mais on n’arrive
    presque rien,
    parce que dans ce voyage,
    seule la faible pensée
    s’agite encore
    pour se délivrer
    de quelque chose d’inconnu.

    ***

    lorsque je regarde
    à l’horizon
    qui s’étend
    derrière moi,
    alors, tout
    devient subitement
    incompréhensible.

    ***

    je suis près
    plus près
    d’une image.
    je regarde dans le vide
    en pensant
    que je peux avancer
    que je peux faire des pas.
    mais tout ne se passe
    que dans mon imagination.
    seule Ta parole
    peut devenir
    réalité pour moi.

    ***

    je reste dans le monde
    le front collé
    d’une image
    qui devient ma pensée
    permanente
    “je n’ai devant moi
    qu’un seul chemin
    s’élargissant à l’infini”.

    ***

    les yeux clos
    qui s’efforcent de voir
    la main étrangère
    qui m’a touché
    m’a poussé,
    et a tiré de ma main
    gauche,
    je peux voir
    un point éloigné
    d’un jardin imaginaire.

    ***

    le jardin
    a fait un détour
    et m’a apporté l’arbre dans ma main,
    je suis avec lui
    avec celui qui m’encourage
    d’aller
    sur la route que
    je ne peux voir
    que tâtonner avec mes bras.

    ***

    les yeux clos
    mais ouverts seulement
    pour un autre monde
    que je peux voir.
    je cherche une main
    un signe de loin
    et je sens une autre main
    me touchant.
    j’avance alors
    plus loin toute seule.

    ***

    cette main-là a cessé
    de me pousser
    de me tirer
    après elle.
    j’attends
    rien ne se passe
    alors des pensées
    des images
    me saisisent.
    je tends mes bras
    sentir la touche
    de la main chaude
    pour pouvoir marcher
    plus loin
    dans le droit chemin.

    ***

    bien des fois
    ce frôlement
    est l’étreinte
    d’un arbre.
    je vis ainsi une autre
    signification
    du jardin transformé
    dans mes paroles
    du crépuscule.

    ***

    je sais
    que je peux voir.
    j’ouvre les yeux
    bien que je ne vois
    que d’images illusoires.
    je vois de façon
    que seules les pas
    de ma pensée
    vont sur un chemin
    différent.
    ils doivent atteindre
    un autre pas
    et à peine le suivant
    sera fait
    sans peur.

    ***

    encore un pas
    m’est permis
    parce que
    j’ai atteint aujourd’hui
    la trace d’une pensée
    qui fait que la route sur laquelle
    je marche
    s’élargisse à l’infini.

    ***

    le chemin sur lequel je marche
    c’est inutile
    c’est le chemin
    qui touche
    mes pieds
    d’un gel
    du normal
    qui m’enfonce
    dans le tourbillon
    de l’oubli.

    ***

    je veux marcher
    sur chaque chemin
    qui s’ouvre
    devant mes pas.
    je vis en illusion
    pour que tout
    soit impossible seulement
    là-bas
    où je ne regarde plus.

    ***

    le croisement des chemins
    n’est que dans mon imagination
    je pousse l’aile du vent
    pour que je puisse flotter
    vers un monde illusoire
    je tiens dans ma main
    les quatre chemins
    sans pouvoir les voir.
    n’est-ce pas cela
    mon leurre ?

    ***

    Dieu, aujourd’hui je suis triste
    c’est que je me suis éloignée de Toi
    et je ne sais pas quoi faire
    puisque la joie seulement
    me donne la force d’aller
    plus loin
    la vie me fait tellement peur
    mais pourquoi vivre cet effroi ?
    je ne veux que m’abandonner
    à Ton gré
    sans m’inquiéter de cela.

    ***

    les mots sont,
    qui sait,
    un simple mouvement de l’air
    un vol d’oiseau
    à vitesse ahurissante
    se cachant d’un vol de rapace.

    ***

    je pense
    à lui, qui m’est inconnu
    à cause de la peur
    d’une nouvelle tombée
    à cause de l’effroi
    d’un écartement
    dans l’abyme
    à cause de celui qui voudrait
    faire de moi
    sa proie la plus choisie.
    Dieu,
    la larme de la mort qui pleut
    partout
    me fait trembler.

    ***

    le regard de mes yeux
    épouvantés
    devant les ombres
    géants
    décrits effroyablement
    par la main
    vers le soleil.

    ***

    je ne peux pas affirmer
    qu’il coule
    ou qu’il cesse
    cet objet qui n’existe plus
    était jadis l’oeil
    par lequel la pensée
    pouvait voir le scintillement
    d’une idée.

    ***

    savez-vous qu’il y a
    cet objet devenu pensée
    sans pouvoir être détruit
    par personne
    ça suffit, je n’en ai plus peur.

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