« Dieu,
la larme de la mort qui pleut
partout
me fait trembler. »
***
je ne sais pas pourquoi
aujourd’hui je me compare à
un arbre violet
plein de fleurs vertes bleues
et il semble que le vent
murmurait
par chaque feuille
la parole dont le sens
je ne pouvais pas
exprimer.
***
silence
trop de silence
le bruit le transperce
fortement
mais il ne peut
s’emparer de lui
dans une étreinte
inexplicable.
***
j’ai peur de bruit
et de silence
qui ne se laisse pas entouré
de bruit.
ce vacarme
si violent
qu’il prenne
toute ma force
de regarder
au-delà de ce que
je pense
que je pourrais
connaître.
***
toucher
le silence comme une
présence
de l’autre côté
de mon geste
de renfermer
la gerbe des mots
anéantis par le bruit.
***
quelqu’un me regarde
de loin
je ne peux pas le voir
mais l’imagination
s’intensifie tellement
de sorte que le regard
banni par
la peur d’une pensée
inexprimée
attend qu’il soit découvert
par celui qui se trouve
au-delà de moi.
***
je crains
la quiétude
tuée par le bruit
qui se transforme
dans mon intérieur
dans l’accalmie
d’une malédiction.
***
quelqu’un
se multiplierait
d’un seul homme
en plusieurs
et soudain
la main dressée
vers l’horizon
il ferait des signes
invisibles
vers l’est.
***
j’amplifie tout
à une autre échelle
jusqu’à ce que je m’affaisse
dans mon esprit.
je sais qu’il ne faut pas
anéantir ma fantaisie
mais elle uniquement est présente
dans la réalité que je vis
sans pouvoir
l’atteindre
de ma main.
***
est-ce que c’est mal
de regarder
de toucher
la pensée de l’autre
qui s’enfuit
qui se cache
épouvantée
de la paume d’une autre pensée
qui n’a pas encore frappé ?
***
ses yeux brillent
des étincelles devenues
seulement l’apparence
d’un sourire.
mais la douleur
jaillie de l’ombre du mur
qui l’entoure
tremble de peur.
***
une onde de choc
renverse l’ordre de tout
de sorte que
au lieu de regarder en face
je regarde en arrière
je marche ainsi
sur une route
s’élargissant à
l’infini.
***
tumulte, silence
accalmie, c’est tout.
le rien recouvre
comme un vêtement
le vide d’avant
une chute.
après cela
il n’y a que le vide
dans le rien
de celui écrasé.
***
la pensée surgit
contenue dans l’ombre
placée
entre le soleil levant
et la nuit qui
tend se lever
et se coucher
à l’infini.
***
ce creux
ne contient que
la trace de l’objet
qui n’est plus.
l’objet ayant perdu sa forme
s’écrase lui-même
entre deux creux
entrecroisés
dans mon oeil
qui se veut jaillir
en espace.
***
cette chose
s’est renfermée
en elle-même
et se regarde
elle seule
car la forme de son rien
a perdu la qualité
de la vie.
***
il se mirait
dans la glace
dans cet étincellement
sans avoir peur.
il n’avait pas peur
parce que cet objet
est devenu une pensée
dépourvue d’ombre.
***
cette chose
qui a échappé
de son propre vide
est devenue le joyau
d’une autre couronne
un diamant
qui ne peut plus être foulé
dans les boues des chemins.
***
la fatigue ferme une
fenêtre
ferme deux fenêtres
de nombreuses fenêtres
ensuite les fenêtres
me renferment
dans la fatigue
de la pensée.
***
je vais jusqu’au loin
l’inquiétude
recouvre mes yeux
mes paupières.
je regarde par
la fenêtre devenue
un monde mince
infini
je regarde et je me
faufile
par ce monde
dans lequel
je suis devenue
un point.
***
le monde flotte
je suis le point
de la ligne
et vais à travers
une fenêtre
tellement large
que la terre
peut la traverser
comme une sphère
inoffensive
***
ma ligne est un chemin
que je ne peux pas dessiner,
je ne peux pas décrire,
mais je sais que la peur
et la fatigue
s’embrassent
se donnant la main
par cette fenêtre
par laquelle mon nom
se répand
sans entrave.
***
ici le mot peut être
seulement un nom
qui flotte sous forme
d’un son lancé dans l’infini
de l’intérieur.
***
en-delà de son nom,
la pensée se fatigue
à regarder
dans l’infini du dehors.
les lignes courbées
deviennent ainsi
des univers
pareils à quelques
feuilles de papiers
rangées dans un livre
sur une étagère.
***
je prends le livre
et sans l’ouvrir
je le transforme dans
une pensée
flottante sur une ligne
parallèle au monde
dans lequel je ne suis
qu’un nom
qui dort.
***
je connais le monde,
et l’observe
à distance.
je ne sais pas comment
avancer
je ne sais pas
comment aller.
j’ai peur
de mon pas
qui pourrait détruire
la beauté
qu’il ne peut pas comprendre
***
cette beauté
ne se révèle pas toujours.
je ne sais pas où
aller
parce que
appartenant au monde
elle veut que je la connaisse
mais est-ce que je pourrais
saisir l’infini
lorsque je reste seule
devant la beauté
qui ne se laisse pas dévoilée ?
***
il y a un chemin
s’élargissant
sans fin.
je marche
les regards fixés
sur ceux trouvés près de moi
et de cette façon
j’ai peur.
***
j’entends seulement
des voix qui m’affolent
il y en a les unes qui
me séduisent
et disent des mots inintelligibles
que je ne comprends pas.
mais je vais sur ce chemin
comme une somnambule
sans me soucier
de tout ce que je vois,
de tout ce qui
se passe avec moi.
***
il n’y a que le hasard ici,
n’ayez pas peur
mes pensées
se trouvent là,
regardez-les,
je les aies cueillies
comme les poires mûres
bien qu’à l’intérieur
elles sont
amères et vertes.
***
oui, je fais des signes
mais on n’arrive
presque rien,
parce que dans ce voyage,
seule la faible pensée
s’agite encore
pour se délivrer
de quelque chose d’inconnu.
***
lorsque je regarde
à l’horizon
qui s’étend
derrière moi,
alors, tout
devient subitement
incompréhensible.
***
je suis près
plus près
d’une image.
je regarde dans le vide
en pensant
que je peux avancer
que je peux faire des pas.
mais tout ne se passe
que dans mon imagination.
seule Ta parole
peut devenir
réalité pour moi.
***
je reste dans le monde
le front collé
d’une image
qui devient ma pensée
permanente
“je n’ai devant moi
qu’un seul chemin
s’élargissant à l’infini”.
***
les yeux clos
qui s’efforcent de voir
la main étrangère
qui m’a touché
m’a poussé,
et a tiré de ma main
gauche,
je peux voir
un point éloigné
d’un jardin imaginaire.
***
le jardin
a fait un détour
et m’a apporté l’arbre dans ma main,
je suis avec lui
avec celui qui m’encourage
d’aller
sur la route que
je ne peux voir
que tâtonner avec mes bras.
***
les yeux clos
mais ouverts seulement
pour un autre monde
que je peux voir.
je cherche une main
un signe de loin
et je sens une autre main
me touchant.
j’avance alors
plus loin toute seule.
***
cette main-là a cessé
de me pousser
de me tirer
après elle.
j’attends
rien ne se passe
alors des pensées
des images
me saisisent.
je tends mes bras
sentir la touche
de la main chaude
pour pouvoir marcher
plus loin
dans le droit chemin.
***
bien des fois
ce frôlement
est l’étreinte
d’un arbre.
je vis ainsi une autre
signification
du jardin transformé
dans mes paroles
du crépuscule.
***
je sais
que je peux voir.
j’ouvre les yeux
bien que je ne vois
que d’images illusoires.
je vois de façon
que seules les pas
de ma pensée
vont sur un chemin
différent.
ils doivent atteindre
un autre pas
et à peine le suivant
sera fait
sans peur.
***
encore un pas
m’est permis
parce que
j’ai atteint aujourd’hui
la trace d’une pensée
qui fait que la route sur laquelle
je marche
s’élargisse à l’infini.
***
le chemin sur lequel je marche
c’est inutile
c’est le chemin
qui touche
mes pieds
d’un gel
du normal
qui m’enfonce
dans le tourbillon
de l’oubli.
***
je veux marcher
sur chaque chemin
qui s’ouvre
devant mes pas.
je vis en illusion
pour que tout
soit impossible seulement
là-bas
où je ne regarde plus.
***
le croisement des chemins
n’est que dans mon imagination
je pousse l’aile du vent
pour que je puisse flotter
vers un monde illusoire
je tiens dans ma main
les quatre chemins
sans pouvoir les voir.
n’est-ce pas cela
mon leurre ?
***
Dieu, aujourd’hui je suis triste
c’est que je me suis éloignée de Toi
et je ne sais pas quoi faire
puisque la joie seulement
me donne la force d’aller
plus loin
la vie me fait tellement peur
mais pourquoi vivre cet effroi ?
je ne veux que m’abandonner
à Ton gré
sans m’inquiéter de cela.
***
les mots sont,
qui sait,
un simple mouvement de l’air
un vol d’oiseau
à vitesse ahurissante
se cachant d’un vol de rapace.
***
je pense
à lui, qui m’est inconnu
à cause de la peur
d’une nouvelle tombée
à cause de l’effroi
d’un écartement
dans l’abyme
à cause de celui qui voudrait
faire de moi
sa proie la plus choisie.
Dieu,
la larme de la mort qui pleut
partout
me fait trembler.
***
le regard de mes yeux
épouvantés
devant les ombres
géants
décrits effroyablement
par la main
vers le soleil.
***
je ne peux pas affirmer
qu’il coule
ou qu’il cesse
cet objet qui n’existe plus
était jadis l’oeil
par lequel la pensée
pouvait voir le scintillement
d’une idée.
***
savez-vous qu’il y a
cet objet devenu pensée
sans pouvoir être détruit
par personne
ça suffit, je n’en ai plus peur.
April 18, 2008 at 5:08 pm
VICTORIŢA DUŢU
LES MOTS
POÉSIES
VERSION FRANÇAISE – IOANA TRICĂ
« Dieu,
la larme de la mort qui pleut
partout
me fait trembler. »
***
je ne sais pas pourquoi
aujourd’hui je me compare à
un arbre violet
plein de fleurs vertes bleues
et il semble que le vent
murmurait
par chaque feuille
la parole dont le sens
je ne pouvais pas
exprimer.
***
silence
trop de silence
le bruit le transperce
fortement
mais il ne peut
s’emparer de lui
dans une étreinte
inexplicable.
***
j’ai peur de bruit
et de silence
qui ne se laisse pas entouré
de bruit.
ce vacarme
si violent
qu’il prenne
toute ma force
de regarder
au-delà de ce que
je pense
que je pourrais
connaître.
***
toucher
le silence comme une
présence
de l’autre côté
de mon geste
de renfermer
la gerbe des mots
anéantis par le bruit.
***
quelqu’un me regarde
de loin
je ne peux pas le voir
mais l’imagination
s’intensifie tellement
de sorte que le regard
banni par
la peur d’une pensée
inexprimée
attend qu’il soit découvert
par celui qui se trouve
au-delà de moi.
***
je crains
la quiétude
tuée par le bruit
qui se transforme
dans mon intérieur
dans l’accalmie
d’une malédiction.
***
quelqu’un
se multiplierait
d’un seul homme
en plusieurs
et soudain
la main dressée
vers l’horizon
il ferait des signes
invisibles
vers l’est.
***
j’amplifie tout
à une autre échelle
jusqu’à ce que je m’affaisse
dans mon esprit.
je sais qu’il ne faut pas
anéantir ma fantaisie
mais elle uniquement est présente
dans la réalité que je vis
sans pouvoir
l’atteindre
de ma main.
***
est-ce que c’est mal
de regarder
de toucher
la pensée de l’autre
qui s’enfuit
qui se cache
épouvantée
de la paume d’une autre pensée
qui n’a pas encore frappé ?
***
ses yeux brillent
des étincelles devenues
seulement l’apparence
d’un sourire.
mais la douleur
jaillie de l’ombre du mur
qui l’entoure
tremble de peur.
***
une onde de choc
renverse l’ordre de tout
de sorte que
au lieu de regarder en face
je regarde en arrière
je marche ainsi
sur une route
s’élargissant à
l’infini.
***
tumulte, silence
accalmie, c’est tout.
le rien recouvre
comme un vêtement
le vide d’avant
une chute.
après cela
il n’y a que le vide
dans le rien
de celui écrasé.
***
la pensée surgit
contenue dans l’ombre
placée
entre le soleil levant
et la nuit qui
tend se lever
et se coucher
à l’infini.
***
ce creux
ne contient que
la trace de l’objet
qui n’est plus.
l’objet ayant perdu sa forme
s’écrase lui-même
entre deux creux
entrecroisés
dans mon oeil
qui se veut jaillir
en espace.
***
cette chose
s’est renfermée
en elle-même
et se regarde
elle seule
car la forme de son rien
a perdu la qualité
de la vie.
***
il se mirait
dans la glace
dans cet étincellement
sans avoir peur.
il n’avait pas peur
parce que cet objet
est devenu une pensée
dépourvue d’ombre.
***
cette chose
qui a échappé
de son propre vide
est devenue le joyau
d’une autre couronne
un diamant
qui ne peut plus être foulé
dans les boues des chemins.
***
la fatigue ferme une
fenêtre
ferme deux fenêtres
de nombreuses fenêtres
ensuite les fenêtres
me renferment
dans la fatigue
de la pensée.
***
je vais jusqu’au loin
l’inquiétude
recouvre mes yeux
mes paupières.
je regarde par
la fenêtre devenue
un monde mince
infini
je regarde et je me
faufile
par ce monde
dans lequel
je suis devenue
un point.
***
le monde flotte
je suis le point
de la ligne
et vais à travers
une fenêtre
tellement large
que la terre
peut la traverser
comme une sphère
inoffensive
***
ma ligne est un chemin
que je ne peux pas dessiner,
je ne peux pas décrire,
mais je sais que la peur
et la fatigue
s’embrassent
se donnant la main
par cette fenêtre
par laquelle mon nom
se répand
sans entrave.
***
ici le mot peut être
seulement un nom
qui flotte sous forme
d’un son lancé dans l’infini
de l’intérieur.
***
en-delà de son nom,
la pensée se fatigue
à regarder
dans l’infini du dehors.
les lignes courbées
deviennent ainsi
des univers
pareils à quelques
feuilles de papiers
rangées dans un livre
sur une étagère.
***
je prends le livre
et sans l’ouvrir
je le transforme dans
une pensée
flottante sur une ligne
parallèle au monde
dans lequel je ne suis
qu’un nom
qui dort.
***
je connais le monde,
et l’observe
à distance.
je ne sais pas comment
avancer
je ne sais pas
comment aller.
j’ai peur
de mon pas
qui pourrait détruire
la beauté
qu’il ne peut pas comprendre
***
cette beauté
ne se révèle pas toujours.
je ne sais pas où
aller
parce que
appartenant au monde
elle veut que je la connaisse
mais est-ce que je pourrais
saisir l’infini
lorsque je reste seule
devant la beauté
qui ne se laisse pas dévoilée ?
***
il y a un chemin
s’élargissant
sans fin.
je marche
les regards fixés
sur ceux trouvés près de moi
et de cette façon
j’ai peur.
***
j’entends seulement
des voix qui m’affolent
il y en a les unes qui
me séduisent
et disent des mots inintelligibles
que je ne comprends pas.
mais je vais sur ce chemin
comme une somnambule
sans me soucier
de tout ce que je vois,
de tout ce qui
se passe avec moi.
***
il n’y a que le hasard ici,
n’ayez pas peur
mes pensées
se trouvent là,
regardez-les,
je les aies cueillies
comme les poires mûres
bien qu’à l’intérieur
elles sont
amères et vertes.
***
oui, je fais des signes
mais on n’arrive
presque rien,
parce que dans ce voyage,
seule la faible pensée
s’agite encore
pour se délivrer
de quelque chose d’inconnu.
***
lorsque je regarde
à l’horizon
qui s’étend
derrière moi,
alors, tout
devient subitement
incompréhensible.
***
je suis près
plus près
d’une image.
je regarde dans le vide
en pensant
que je peux avancer
que je peux faire des pas.
mais tout ne se passe
que dans mon imagination.
seule Ta parole
peut devenir
réalité pour moi.
***
je reste dans le monde
le front collé
d’une image
qui devient ma pensée
permanente
“je n’ai devant moi
qu’un seul chemin
s’élargissant à l’infini”.
***
les yeux clos
qui s’efforcent de voir
la main étrangère
qui m’a touché
m’a poussé,
et a tiré de ma main
gauche,
je peux voir
un point éloigné
d’un jardin imaginaire.
***
le jardin
a fait un détour
et m’a apporté l’arbre dans ma main,
je suis avec lui
avec celui qui m’encourage
d’aller
sur la route que
je ne peux voir
que tâtonner avec mes bras.
***
les yeux clos
mais ouverts seulement
pour un autre monde
que je peux voir.
je cherche une main
un signe de loin
et je sens une autre main
me touchant.
j’avance alors
plus loin toute seule.
***
cette main-là a cessé
de me pousser
de me tirer
après elle.
j’attends
rien ne se passe
alors des pensées
des images
me saisisent.
je tends mes bras
sentir la touche
de la main chaude
pour pouvoir marcher
plus loin
dans le droit chemin.
***
bien des fois
ce frôlement
est l’étreinte
d’un arbre.
je vis ainsi une autre
signification
du jardin transformé
dans mes paroles
du crépuscule.
***
je sais
que je peux voir.
j’ouvre les yeux
bien que je ne vois
que d’images illusoires.
je vois de façon
que seules les pas
de ma pensée
vont sur un chemin
différent.
ils doivent atteindre
un autre pas
et à peine le suivant
sera fait
sans peur.
***
encore un pas
m’est permis
parce que
j’ai atteint aujourd’hui
la trace d’une pensée
qui fait que la route sur laquelle
je marche
s’élargisse à l’infini.
***
le chemin sur lequel je marche
c’est inutile
c’est le chemin
qui touche
mes pieds
d’un gel
du normal
qui m’enfonce
dans le tourbillon
de l’oubli.
***
je veux marcher
sur chaque chemin
qui s’ouvre
devant mes pas.
je vis en illusion
pour que tout
soit impossible seulement
là-bas
où je ne regarde plus.
***
le croisement des chemins
n’est que dans mon imagination
je pousse l’aile du vent
pour que je puisse flotter
vers un monde illusoire
je tiens dans ma main
les quatre chemins
sans pouvoir les voir.
n’est-ce pas cela
mon leurre ?
***
Dieu, aujourd’hui je suis triste
c’est que je me suis éloignée de Toi
et je ne sais pas quoi faire
puisque la joie seulement
me donne la force d’aller
plus loin
la vie me fait tellement peur
mais pourquoi vivre cet effroi ?
je ne veux que m’abandonner
à Ton gré
sans m’inquiéter de cela.
***
les mots sont,
qui sait,
un simple mouvement de l’air
un vol d’oiseau
à vitesse ahurissante
se cachant d’un vol de rapace.
***
je pense
à lui, qui m’est inconnu
à cause de la peur
d’une nouvelle tombée
à cause de l’effroi
d’un écartement
dans l’abyme
à cause de celui qui voudrait
faire de moi
sa proie la plus choisie.
Dieu,
la larme de la mort qui pleut
partout
me fait trembler.
***
le regard de mes yeux
épouvantés
devant les ombres
géants
décrits effroyablement
par la main
vers le soleil.
***
je ne peux pas affirmer
qu’il coule
ou qu’il cesse
cet objet qui n’existe plus
était jadis l’oeil
par lequel la pensée
pouvait voir le scintillement
d’une idée.
***
savez-vous qu’il y a
cet objet devenu pensée
sans pouvoir être détruit
par personne
ça suffit, je n’en ai plus peur.